Pipi au lit

= l’énurésie nocturne

Qui n’a pas découvert, au petit matin,  les draps mouillés de son enfant alors que dans la journée, il est parfaitement propre ?

Alors évidemment quand l’enfant est encore dans l’apprentissage de la propreté, on ne s’inquiète pas trop même si c’est assez agaçant et on se dit, philosophes, que ça va passer tout seul. Et c’est d’ailleurs souvent le cas.

Mais quand l’enfant grandit et que la situation perdure ou que l’enfant a été propre la nuit et que tout à coup tout se dérègle et qu’il ne se retient plus, on s’inquiète et on est bien souvent assez dépourvus pour sortir de cette situation.

Dans cette dernière hypothèse, il ne s’agit pas de banaliser : l’énurésie nocturne n’est pas un sujet bénin dans le sens où cela a souvent des répercussions importantes pour l’enfant dans son développement psychoaffectif et son intégration sociale : anxiété, sentiment de honte et de culpabilité et, en conséquence, repli sur soi. L’angoisse suprême pour l’enfant réside dans les voyages scolaires et les invitations à dormir chez les amis.

Comment expliquer ces fuites nocturnes ?

Les principales causes :

• le système nerveux des enfants peut manquer de maturité pour contrôler les contractions de la vessie la nuit (plus que le jour vu que l’enfant n’est pas conscient), et alors, la patience sera le seule remède !
• des antécédents parentaux. Des études scientifiques ont montré que dans la plupart des cas, au moins un des deux parents de l’enfant qui a du mal à cesser à faire pipi au lit a lui aussi précédemment dans une situation identique. Et quand les deux parents ont eu un problème de ce type, leur enfant risque à 77 % d’être concerné lui aussi.
• la diminution de la sécrétion nocturne d’ADH, une hormone antidiurétique qui empêche normalement les fuites nocturnes.
• la peur de se lever dans le noir pour se rendre aux toilettes.
• le fameux rêve que l’on est aux toilettes alors qu’on n’y est pas !
• enfin, certains enfants ont un sommeil tellement profond que les contractions de leur vessie ne parviennent à les réveiller,
• et des raisons psychologiques (problèmes à l’école, séparation des parents, déménagement, naissance d’un petit frère ou d’une petite soeur…)

Comment réagir ?

Eviter les deux écueils suivants : faire du pipi au lit un tabou ou au contraire le banaliser.

Alors bien sûr, quand on est concerné en tant que parents, on cherche des solutions de bon sens et on se dit que l’on devrait peut-être réveiller son enfant pour qu’il aille faire pipi la nuit. Il apparaît que c’est inutile et que le fait de fragmenter sa nuit peut nuire à la qualité de son sommeil.

Quand la situation ne se solutionne pas avec le temps, on envisage de prendre rendez-vous chez le médecin voire chez un psychologue. A partir de 5 ans, il est en effet vivement conseillé de prendre conseil auprès d’un médecin qui pourra le cas échéant faire passer des examens médicaux à l’enfant, lui proposer des traitements médicamenteux (mais ce n’est absolument pas systématique) et poser des mots sur ces troubles. Dans la plupart des cas, les médecins se contenteront de délivrer des conseils hygiéno-diététiques. Parfois, ils proposeront aussi des systèmes de détection du pipi (stop pipi) avec alarmes. Ces techniques sont malgré tout assez critiquées.

On hésite entre banalisation (« ce n’est rien mon chéri, c’est un accident ») et mesures plus répressives souvent perçues comme humiliantes par l’enfant (pour que l’enfant réalise bien ce qu’il a fait, ce qui n’est en soi pas une mauvaise idée mais qui sera souvent mal vécu par l’enfant, on lui fait changer les draps lui-même, on le punit, on lui fait du chantage : « si tu ne fais pas pipi … tu auras la voiture de cars / le dernier it truc hello kitty » : même positif, ce chantage n’a pas de sens puisque l’enfant ne fait pas « exprès »).

Afin d’aider votre enfant à surmonter son problème de pipi au lit, voici quelques conseils pratiques simples à mettre en place et qui pourront l’impliquer :

Le soir,
• limiter les boissons à compter du gouter (sans le priver totalement de boire ça va sans dire !)
• éviter la soupe au diner
• lui proposer, comme un rituel, d’aller aux toilettes juste avant de se mettre au lit

Le matin,
• s’il n’y a pas eu de pipi au lit,  le féliciter
• mettre en place un petit calendrier du type  « la météo du pipi au lit » : la nuit a été sèche, un soleil, la nuit a été humide, un nuage de pluie…

Il faut absolument dédramatiser et déculpabiliser : ni les parents, ni l’enfant ne sont responsables de cette situation. La réponse qui consisterait à le punir ou à l’humilier, n’est pas la bonne. La première victime dans l’affaire, c’est quand même l’enfant.

Que ce soit aidé de médicaments ou pas, l’enfant doit apprendre à avoir conscience de son envie d’uriner, à se retenir et à le faire au moment opportun. L’apprentissage peut être long et l’investissement de l’enfant et de la famille est fondamental. L’incontinence nocturne n’est pas une fatalité. Il faut rester calme et patient.

Et gardons bien à l’esprit que le pipi au lit est totalement inconscient de la part de l’enfant. Il ne fait pas exprès de faire pipi et le plus malheureux c’est lui !

Comme d’habitude, n’hésitez pas à nous faire part de vos questionnements mais aussi de votre expérience en la matière.

Des sites instructifs et qui permettront aussi aux parents concernés de se sentir moins seuls et aux enfants de comprendre et déculpabiliser : pipi au lit et sphère santé. Il existe aussi un forum pour ados : énurésie ado.

Enfin, quelques lectures pour avancer avec son enfant :

lectures à envisager avec lui :
. pour les plus petits :
- Max fait pipi au lit, Dominique de Saint-Mars et Serge Bloch, Calligram
- Pipi au lit, Catherine Dolto et Colline Faure-Poirée, Gallimard Jeunesse
- Emilie fait pipi au lit, Domitille de Pressensé, Casterman
- Petit Lapin blanc et le pipi au lit, Marie-France Floury et Fabienne Boisnard, Gautier Languereau
. pour les plus grands :
- ENPI : le secret d’Enzo, l’énurésie nocturne d’Enzo, Henri Lottmann et Nadia Lahlou, Medi-Text

lectures destinées aux parents :
- Pipi au lit, ça se soigne, Michel Cymes, Jacob Duvernet Eds

* illustration : Jean-Charles Sarrazin

partager

14 commentaires

  1. et pour pipi / caca le jour sur lui et propre la nuit, ça marche aussi ?

    • Lait Fraise

      Pour l’avoir vécu avec mon fils, c’est une toute autre problématique. Ca montre que l’enfant est tout à fait capable de se retenir mais qu’il n’en a pas envie. En général, il convient de lui proposer le pot régulièrement mais de ne pas insister plus que ça pour ne pas le bloquer et de faire une pause le cas échéant. Quand il sera prêt, il s’y mettra assez naturellement et d’un seul coup. Courage !

  2. Anne-Laure

    La météo c’est une très bonne idée. Par contre 5 ans je trouve cela tôt pour aller consulter en cas de pipi au lit.

    • Lait Fraise

      En fait, c’est ce qui est préconisé par les médecins dans l’hypothèse où la propreté n’est pas installée. Si l’enfant a des accidents de temps à autre, il convient de ne pas s’inquiéter outre mesure et la visite chez le médecin n’est pas nécessairement recommandée.

  3. hum, ça lui a pris qd il a compris que les vacs de noël étaient finies…
    et effectivement, quand on lui demande, il dit qu’il le fait exprès…
    mais quel est donc le message qu’il a à faire passer ?? mystère et boule de gomme…

    • Lait Fraise

      Il dit qu’il le fait « exprès » mais sans doute est-ce parce qu’il a un peu honte. Pour le message, pas toujours simple de détecter la raison effectivement.

  4. Mon Fils a 5 ans et jusqu’aux vacances de la Toussaint il portait encore des couches. Sauf que j’ai voulu tenter l’expérience sans couche vu que parfois il lui arrivait de ne rien faire la nuit et que lorsqu’il allait dormir chez mes parents pendant les vacances (parfois 4 à 5 nuits de suite) il ne faisait strictement rien dans la couche.

    Il y a eu des nuits avec et des nuits sans mais j’ai repéré que le pipi au lit survenait toujours vers 03H30 alors pendant une quinzaine de jours, j’ai mis mon réveil à sonné vers 03h et j’emmenais mon Fils aux toilettes. Heureusement qu’il se rendormait aussitôt la tête posée sur l’oreiller ! Ensuite, j’ai espacé. Je ne passais plus qu’une nuit sur deux puis une nuit sur 3 pour ne plus passer du tout. En un peu moins d’un mois mon Fils a été propre la nuit :)

    Et pour ne pas nous ennuyer la nuit, je faisais 2 voir 3 fois son lit : alèse/draps/alèse/draps/alèse/draps, comme ça si pipi au lit, juste à retirer un drap et une alèse et zou on rendort tout le monde, la douche peut bien attendre le petit matin :)

    Voilà, voilà. Je désespérais un peu mais finalement il m’a suffit de prendre le taureau par les cornes ^^

  5. Marion

    Mon fils a 4 ans et n’a pas du tout envie d’enlever les couches de la nuit qui sont de toutes façons archi pleines !!!
    Sans trop m’affoler, j’avoue que je trouve ça un peu long. Lui, il s’en fiche royalement, voire même ça lui convient parfaitement car il dit clairement qu’il aimerait « revenir un bébé » dans beaucoup d’autres situations.
    Du coup, je ne suis pas sûre qu’on soit dans un cas d’énurésie, à moins que ça soit ça façon de le gérer…. RDV dans une petite année si rien n’a avancé !!!
    En tous cas, merci pour les conseils et les infos !

    Marion

    • Lait Fraise

      Oui pas d’inquiétude pour le moment même si pour nous les parents, ça peu sembler long et un peu lourd à gérer.

  6. Ma fille aura 6 ans samedi et n’est toujours pas propre la nuit, elle avait déjà été propre la journée assez tardivement à 3 ans et demi juste avant l’entrée à la maternelle. J’en ai parle au médecin le mois dernier qui m’a dit pas d’inquiétude avant 7 ans , on en reparlera a ce moment la si besoin. On fait le test de ne pas mettre de couche de temps en temps, mais ça ne l’a réveille pas, elle peut passer la nuit dans son pipi sans que cela ne la dérange (elle a le sommeil lourd, je peux la changer de lit ou même la déshabiller sans qu’elle n’ouvre l’oeil).

    • Lait Fraise

      Je lis en même temps le commentaire juste dessous et je me disais que ça pourrait se tenter : une séance chez un ostéopathe.

  7. Angie

    Bonjour,

    Voilà un sujet qui me ramène fort en arrière !
    Mon petit frère a eu ce souci jusqu’à ses 14 / 15 ans.
    A l’époque, nous dormions dans la même chambre. Je me souviens encore de l’odeur au petit matin. Bref.
    Ma mère a tout essayé : avec ou sans couches, le réveiller dans la nuit pour se rendre aux wc, pas de boisson l’après midi, le fil électrique relié de son doigt à la couche qui le faisait se réveiller en hurlant sans comprendre ce qui se passait. L’horreur.
    Nous étions dans un contexte familial particulier. Ca n’aidait pas.
    Finalement, tout a été reglé à la veille de son entrée en pension grâce à un ostéopathe.

    Bon courage à ceux qui le vivent encore.

    • Lait Fraise

      L’ostéopathie résout bien des problèmes en effet. Je n’y avait pas pensé pour celui-ci mais c’est une bonne idée. Merci beaucoup de nous faire part de votre expérience.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>