S’ennuyer avec son enfant


Pas toujours évident de (se) l’avouer mais il peut arriver de trouver le temps long avec ses enfants, aussi adorables soient-ils. Pas dans le sens de ne pas savoir comment s’occuper (les occupations à la maison ne manquent pas en général) mais plus dans le sens où la relation exclusive vécue avec son enfant peut s’avérer compliquée et lourde à vivre au quotidien.

Certes, on est archi comblées de passer du temps avec nos enfants et de jouer au pin-pon ou à la poupée avec eux (je schématise, on est d’accord ;) Bien entendu, on adore les areuh, les gouzis gouzis et les tatatata …. Mais il arrive que l’on trouve cette situation étouffante, que l’on rêve de prendre l’air -et pas seulement au square autour du bac à sable- et que l’on aspire à avoir des conversations avec des personnes de plus d’1 mètre 40 capables de nous faire du sujet-verbe-complément !

C’est encore plus vrai quand on est en congé maternité ou plus tard quand on fait le choix de rester à la maison pour s’occuper de ses enfants au quotidien. Lors d’un congé parental notamment, on peut vite se laisser engluer dans une certaine routine que le week-end ne suffit pas à casser. Et comment comprendre que dans certaines municipalités on refuse aux enfants des mamans qui sont au foyer le jardin d’enfants, la cantine ou le centre de loisirs ? Ces mamans, encore plus que les autres, ont besoin d’avoir du tant pour elles, pour souffler, sortir faire du sport, du shopping, déjeuner avec son mari ou une amie …

On oublie les « je suis une mauvaise mère », « je ne devrais pas avoir des pensées pareilles ». Ne culpabilisons pas : cet ennui est bien compréhensif voire salutaire.

Comment sortir de cet ennui ? Cela suppose d’essayer, autant que c’est possible, de trouver des solutions pour tenter de briser la routine en faisant de temps à autre le plein de vie sociale dans le but, toujours, de se sentir épanouie et équilibrée.

Les enfants n’en seront que plus épanouis et équilibrés eux aussi et réaliser qu’ils ne sont pas le centre du monde leur fera le plus grand bien.

Et n’oublions pas, comme le dit Jean Epstein dans son dernier livre, « nous sommes des parents formidables » chez Flammarion, un livre très intéressant et décomplexant. A lire et relire. Pourquoi ne pas le mettre dans sa valise pour les vacances, tiens par exemple !

* crédit photo : Les Petits Pois par Cyril Auvity découverte ici

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29 commentaires

  1. Il est nécessaire de se prendre du temps à soi … Sous peine de péter un câble !
    Merci pour ce post !

  2. moi le temps pour moi c’est au boulot, c’est moche … sinon pas le temps ! mais ça va bientôt changer youpi ! et quand j’aurais une maison avec une chambre ça changera encore ! vivement !

    • Isa

      Je ressentais exactement la même chose quand j’ai repris à travailler suite à congé mat’. Je me sentais même bizarre de ne pas avoir de bébé dans les bras ;)

  3. Je suis assez d’accord avec cet article ! Il ne faut pas qu’ils soient et se sentent le centre du monde ! Pour leur bien et pour le nôtre !

    • Isa

      Les enfants rois, ça va souvent avec les parents martyrs … Pas le top en effet ;)

  4. Je suis exactement dans ce moment là depuis quelques temps. Personne ne comprends (T’as décidé d’arrêter de travailler pour être à la maison, c’est de ta faute!) et tout le monde veux m’aider mais personne ne propose son aide… J’ai 3 enfants (de 4 ans à 7 mois), aucun ne va à l’école pour l’instant. Tout est compliqué surtout quand je cherche qqun pour garder mes 3 morpions, tout le monde est dispo mais quand ils le veulent seulement et s’ils sont l’envie… Par contre, monsieur qui travaille, lui a le droit de sortir avec les copains, prendre du temps pour lui, forcément, il travaille!!! Il a besoin de respirer!.. c’est tout naturel!…
    Je suis à deux doigts de péter un câble… certes j’ai des enfants en bonne santé (tout le monde me le répète) mais c’est moi qui va pas bien…

    • Isa

      Il y a une vraie incompréhension souvent vis à vis des mamans qui restent à la maison. Et pourtant, c’est franchement pas simple de s’occuper d’enfants toute la journée ! Il n’y a qu’à voir à la fin du we, on est souvent pressés de reprendre le travail le lundi pour s’aérer un peu ;)
      Vous ne pourriez pas trouver des relais auprès de halte garderies par exemple ? En même temps, il y a tellement peu de structures pour soulager les mamans (la famille, c’est bien mais encore faut-il en avoir une à proximité et qu’elle soit partante). Plein de courage à vous !

  5. Je me retrouve un peu dans ce que tu dis pour l’avoir vécu il y a quelques années. A la suite d’un déménagement pour le boulot de mon mari, je me suis trouvée très isolée à 800 km de ma famille, sans connaitre personne, et avec deux enfants de moins de 3 ans qui n’allaient pas à l’école. Impossible de bosser sans place en crèche et bien sûr pas de place en crèche pour les mamans qui ne travaillent pas. Logique…
    Après quelques mois difficiles j’ai réussi à me créer un groupe d’amies rencontrées grâce aux enfants justement, dans un « groupe maman-enfants » constituée de beaucoup d’expats, encore plus isolées que moi puisqu’elles étaient étrangères. On est tellement nombreuses à être dans ce cas, il faut juste trouver les autres et s’entraider ! Je me rappelle combien j’ai été touchée quand cette maman anglaise rencontrée depuis quelques semaines m’a proposé de garder mes enfants pour que je puisse aller faire mon shopping de Noël…
    Pardon pour le commentaire fleuve :-)

    • Isa

      J’adore lire les commentaires ! C’est ma petite récompense ;)
      C’est vrai que l’entraide entre parents peut être une solution pour prendre en charge les enfants de temps en temps et laisser souffler les parents et puis ça fait des contacts, bien sympathique quand on est loin de sa famille et un peu isolés.

  6. Aurelie

    Je suis maman d’une petite fille de 2 ans et demi. J’ai plaqué mon travail pour suivre son papa il y a 9 mois dans une toute petite ville loin de ma famille. Je n’ai pas retrouvé de travail ici et je garde donc la miss avec moi. Il y a des jours où je sens le burn out arrivé et je m’ennuie terriblement… J’ai hâte qu’elle rentre à l’école pour pouvoir avoir des liens avec les autres parents ! Alors c’est sûr on relativise parce qu’il y a pire… mais c’est pas facile tous les jours. Je vais essayer de trouver ce livre pour le lire la semaine prochaine à la mer !!!

    • Isa

      C’est un très chouette livre et Jean Epstein, une personne très sympathique et intéressante avec beaucoup de bon sens. Vous verrez, quand votre fille ira à l’école, vous aurez plus de contacts avec les parents de ses petits copains copines de classe.

  7. tout cela est très juste
    tout cela appelle à réflexion
    c’est bon d’avoir du recul, le plus souvent possible, pour respirer, lâcher prise
    mais, misère, ce n’est pas si facile que ça !!

    • Isa

      Non pas si facile (ça suppose une vraie logistique et du soutien) et c’est une question tellement taboue aussi !

  8. yolaine

    tellement vrai oui, et tellement tabou aussi! Comme de dire qu’on ne s’est pas sentie mère à la 1ère rencontre, qu’on est en plein désarroi les 1ères semaines avec ce bébé tant attendu mais encore « inconnu »..c’est vrai,de quoi se plaint-on??? On a des enfants, en bonne santé, on ne travaille pas..bref, la belle vie!!! Mais élever son ou ses enfants 24h/24, gérer une maison, être une bonne épouse…est bien plus difficile que de travailler! Et cela sans aucune reconnaissance la plupart du temps…
    A chacune de mes maternités, j’ai choisi de rester 6 mois en congé parental. Mais ce n’était pas « subi », et je savais que c’était temporaire. J’ai pu profiter des 1ers mois de vie de mes enfants, et aussi me remettre doucement des 9 mois de grossesse, des accouchements, et de la privation de sommeil!!! Et j’appréciais de reprendre le travail, et le temps partiel, quand il est possible, est la solution idéale pour tout concilier.
    Merci d’en parler!

    • Isa

      Merci à vous pour ce témoignage surtout ! Personnellement, j’ai vraiment de l’admiration pour ces mamans qui passent leurs journées à s’occuper de leurs enfants. Le travail, c’est fatigant et stressant mais peut-être plus facile finalement et plus reconnue ça c’est sûr !

  9. De mon côté, je n’ai pas connu l’ennui, mais je crois que j’aurais pu connaître le burn out. J’ai choisi 6 mois de congé parental et j’ai adoré : pour moi c’était barbare de retourner au charbon avec un nourrisson de 2 mois et demi qui ne faisait pas du tout ses nuits. Pas de famille du tout dans les parages, et un conjoint très occupé. J’ai rapidement choisi une baby-sitter 3 demi-journées par semaine pour sortir sans mon bébé. Je précise que nous n’avions pas les moyens, j’avais mis de côté pour à l’avance! J’ai prévu de faire pareil pour le 2è qui arrive bientôt :-)
    J’avoue ne pas culpabiliser du tout pour ça, j’estime que j’en fais déjà énormément!
    On ne peut pas tout faire soi-même tout le temps!

    • Isa

      Oui, « on ne peut pas tout faire soi-même tout le temps », il faut être conscient de ses limites et si on le peut (ce qui n’est pas toujours évident) prendre du temps pour soi en confiant ses enfants. Bonne continuation avec ce 2ème enfant alors !

  10. Et bien je dois dire merci pour ce post, car oui effectivement pour la plupart des gens, et surtout des femmes (serait-ce une forme déguisée de jalousie? ) les mamans au foyer se regardent un peu le poil dans la main pousser. J’ai trop souvent entendu « tu t’en fiches toi tu ne bosses pas », genre ben voyons… enfin bref je vais pas m’attarder mais merci.

    • Isa

      Effectivement, je n’y avais pas pensé mais il y a peut-être une part de jalousie. Pourtant, quand on a vécu un congé maternité, on sait un peu de quoi il retourne.

  11. chloé

    J’ai testé les deux options et je l’affirme sans peine: c’est stressant de jongler entre un job et la vie de famille, mais moins éprouvant moralement et quand même plus gratifiant aux yeux des autres (cf. tout ce qui a été dit plus haut!)… et par conséquent, aux siens!
    Merci pour ce texte très juste!

  12. Mimi

    Je suis pile dans ce cas là avec mon petit bonhomme. C’est vraiment pas facile d’être à la maison tous les jours, isolée, sans amis ni famille dans les environs. Il m’arrive de fait plus d’1h45 de route pour retrouver des amis !
    Je voudrais rebosser mais comment vu que pas de place en crèche pour les mamans qui ne « bossent pas ».
    Ça parait tellement banal, vu et revu pour les autres mamans à la maison et pourtant on tombe des nues quand on se trouve dans la situation ! J’aimerai bien rencontrer d’autres mamans, mais je ne sais pas comment.
    Je l’aime plus que tout au monde mais il me rend chèvre en ce moment. C’est le moment de commencer à le faire garder un peu, non ? ;)

    • Isa

      Si vous pouvez le faire garder, ça vous soulagerait un peu. Quand on commence à saturer, il faut penser à soi pour se retrouver et ainsi retrouver aussi du plaisir à s’occuper de son enfant. Bon courage !

  13. Je comprends ce que tu veux dire. Voici mes petites solutions:
    - la halte garderie: 2 heures par semaine
    - la baby-sitter: je lui demande de venir 2 heures de temps en temps pour aller à la piscine et faire quelques courses
    - la famille: notre famille n’habite pas dans le coin mais par exemple mes parents sont là cette semaine et ils vont nous garder Bibou demain
    - le papa: tous les 15 jours Bibou et son papa sont allés à un atelier de psychomotricité le samedi matin et j’en profite pour prendre un bon bain chaud avec des petites perles de bain et tout et tout ;-)
    Voilà. Des fois j’aimerais un peu plus de temps pour moi mais c’est déjà pas mal.

  14. Aurore

    Je me retrouve dans certains témoignages, le choix d’arrêter de travailler 9 mois pour gérer le ptit bonhomme, un déménagement à 600 km de la famille et pas de potes sur place.

    On trouve un job qui nous prend 2h de trajet par jour, on bosse, on dort et c’est tout et ce durant un an. On se prend la tête avec son homme dès que monsieur rebosse et là c’est le drame, on n’a plus de vie sociale, plus de sorties, plus de complicité avec son homme et hop un week-end on pète un cable sur la famille.

    Bien-sûr on est folle, incomprise, on nous incite à ne pas nous séparer (simple dispute un peu forte mais au moins les choses sont dites), on décide de ne plus être perfectionniste.

    Deux ans plus tard, je me suis mise à mon compte, mon ptit lou va à l’école, j’ai pris une baby-sitter et là j’emménage dans une ville où y’a une super copine donc la nouvelle vie commence pour le coup.

    Merci pour ce sujet ça fait du bien de voir que nous ne sommes pas seules et surtout par moment incomprises.

  15. jenny6

    Merci pour cette article :) c’est tellement juste que hop ça redonne le moral :)

  16. Mimi

    Merci Isa et Mamandarine pour votre soutien.
    Après comparaison avec d’autres petits gars, le mien est plus actifs que la moyenne et du coup je me sens moins coupable de me sentir plus fatiguée que mes copines.
    J’ai enfin trouvé quelqu’un qui va pouvoir me le garder un peu la semaine, ça va déjà être un bon bol d’air pour tous les 2 et en plus, il sera avec un autre enfant de son age.
    Ça fait effectivement du bien de savoir que l’on est pas seule !

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